Pour le maintien du bouclier fiscal.
Par Guillaume Lanave-Deguy le samedi 3 avril 2010, 19:08 - Lien permanent
Pour le maintien du bouclier fiscal.
Il ne me paraît pas judicieux d’envisager la remise en cause des principes
fondateurs d’une politique pour faire face à des situations conjoncturelles si
graves soient-elles.
Le « bouclier fiscal » est un de ces principes sur lesquels
il ne faut pas tergiverser.
Le principe est simple : personne ne doit payer plus de la moitié
de ce qu’il gagne. L’idée de le remettre en cause n’est absolument pas
motivée par une recherche d’une quelconque efficacité, mais n’a qu’une finalité
symbolique dans une France qui souffre.
Or, ce symbole serait contre-productif. Il faut rappeler que le « bouclier
fiscal » coûte entre 500 et 600 millions d’euros suivant les années, et
non les milliards dont parle la gauche.
Or, symbole contre symbole, il est préférable, dans une démarche d’intérêt
général, de défendre le symbole du maintien du « boucler fiscal », plutôt
que le symbole de sa suppression. D’autant que, beaucoup de ceux qui défendent
sa suppression, s’empressent d’ajouter qu’il faut supprimer aussi l’ISF !
Les autres, se sont, au contraire parfois illustrés dans des décisions qui ont
choqué nombre d’électeurs de la majorité, comme le déplafonnement de
l’ISF qui avait causé le départ de très nombreuses grandes
fortunes de notre pays qui s’étaient retrouvés à payer plus
d’impôts qu’elles ne percevaient de revenus.

Plutôt que de venir sur le terrain de la gauche en lui concédant le totem
qu’elle défend depuis trois ans (nous obliger à renoncer à cet engagement en le
caricaturant et en bénéficiant, pour ce faire, de la bienveillance de nombreux
observateurs), au risque, est-il nécessaire de le souligner, de dégâts
irréparables dans la confiance de nos concitoyens dans la parole de
l’Etat, et dans celle de notre majorité, plutôt que de désigner les
Français les plus riches comme les boucs émissaires d’une crise mondiale qu’ils
subissent eux-mêmes, défendons fièrement le « bouclier
social » mis en place par notre majorité à côté du
« bouclier fiscal », avec le RSA, le
plafonnement global des niches fiscales qui ne permet plus aux riches, comme au
temps des socialistes, de ne pas payer d’impôts, le contrat de transition
professionnel ou les nombreuses revalorisations des prestations sociales qui
sont autant de réformes essentielles qui ont mis fin à des injustices et
viennent au secours des plus modestes de nos concitoyens.
Le « bouclier fiscal », autant que le RSA, symbolisent la
réhabilitation de la valeur travail, car l’une comme l’autre de ces mesures
permettent que le travail paie dans ce pays.
Notre majorité doit défendre avec fierté la mise en place d’un
« bouclier fiscal », symbole d’une fiscalité non
confiscatoire et d’un « bouclier social » symbole de la
protection des plus modestes.
Le « bouclier social » est 25 fois plus important que le
« bouclier fiscal » !
Notre politique est donc empreinte de justice.
Alors que le « bouclier fiscal » représente entre 500 et 600
millions d’euros, le « bouclier social » peut être évalué à
14,2Md€
